Incalculable, par Antoine Cantenot

En 1943, quelque part dans l'est de la France. Le jeune Carl apprend de la bouche du Père de Larnes, le directeur du collège où il est pensionnaire, que ses deux parents sont morts dans un bombardement. Il décide alors de rejoindre son grand ami Henri Volane à Alger, où celui-ci est parti trouver refuge auprès de son père. Mais le voyage vers l'Afrique du Nord ne se passe pas comme prévu. Carl doit se cacher en rase campagne auprès de jeunes réfractaires du S.T.O. mais, pour tromper l'ennui qui le ronge, il décide de se rendre utile et participe à un acte de résistance. Fait prisonnier par les Allemands, il est envoyé jusqu'en Pologne, au camp de concentration de Treblinka. C'est là qu'il retrouve Henri. Ensemble, ils décident de s'évader. Mais Henri est fauché par les balles des gardiens du camp. Avant de mourir, il encourage Carl à rentrer en France pour prendre son identité et ainsi hériter du domaine de son père...

                  ©HappyAlex - Béatrice Thony

Attention, sous ce (long) résumé un peu linéaire du tout début de ce roman, se cache une histoire beaucoup plus complexe qui prend ses racines jusque dans l'Antiquité de Socrate et de Platon. Parce que toute la trame de ce roman repose sur un mystérieux secret que Socrate, juste avant de mourir, aurait légué à son disciple. Platon, ayant lui-même perdu son plus brillant élève Philippe, aurait décidé de créer une sorte de société secrète en charge de révéler le secret quand l'Humanité serait prête à le recevoir. Bien sûr, je ne peux pas vraiment vous en dire plus, vu que, vous vous en doutez, les révélations quant à ce fameux secret nous seront faites à la toute fin. Donc, inutile de vous gâcher le plaisir...

Parce que je dois bien vous l'avouer, j'ai eu un peu peur à l'entame de ce roman, qui n'est autre que le premier d'Antoine Cantenot, que je découvrais ici. En effet, cette histoire de secret issu de la Grèce antique m'a, au tout début, paru un peu farfelu. D'autant que le style déployé par l'auteur dans les premières pages semblait quelque peu bancal, pas tout à fait maîtrisé, avec des phrases un peu trop alambiquées à mon goût... Bref, j'ai eu peur.

Et puis, assez rapidement, les différents ingrédients rassemblés par l'auteur ont fini par avoir une certaine cohérence. La consistance prise par cette pâte, loin d'être indigeste, est parvenu à me contenter. Le gâteau final s'est avéré savoureux, plein de bonnes surprises.

Ce roman est le premier d'Antoine Cantenot, donc. Et pour un premier essai, l'auteur né en 1959 n'hésite pas à faire voyager son lecteur et il le fait de façon remarquable. C'est ambitieux, d'autant qu'on rencontre des figures historiques très bien campées. Platon, bien sûr mais aussi, plus près de nous, le grand mathématicien et précurseur de l'informatique moderne, Alan Turing (dont le génie, dit-on, aurait permis d'abréger la seconde guerre mondiale d'un an en déchiffrant le fameux code secret allemand, Enigma ; d'ailleurs, un film, Imitation Game, est récemment sorti sur ce sujet, avec Benedict Cumberbatch dans le rôle de Turing).

Alors bien sûr ce roman n'est pas exempt de défauts. Il aurait eu besoin parfois d'un travail éditorial plus approfondi, mais tout cela n'est absolument pas rédhibitoire. D'autant que, les premiers écueils passés, Antoine Cantenot nous offre un voyage passionnant fait de philosophie, de religion, de mystère et de guerre. Certaines descriptions sont vraiment réussies, comme celle de l’embuscade ou, cerise sur le gâteau, celle du crash d'un avion au-dessus de la Manche.

Voilà, on aimerait lire des premiers romans aussi bons tous les jours et je remercie Babelio de m'avoir permis cette découverte grâce à l'opération Masse Critique. Je ne peux que vous inviter à le lire, car, j'en suis sûr, vous ne regretterez pas le voyage !

note : III

A.C. de Haenne 

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Commentaires

  1. Réponses
    1. Ah, très bien que ça te donne envie ! Si jamais tu le lis, j'ai hâte de voir ce que tu vas en penser.

      A.C.

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